ARTICLES DE PRESSE
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Traduit par Inti Mendoza Divertinajes
En marge, à côté Apparemment, l’expression « Sida Mental » avait été utilisée par un brillant journaliste selon ce que j’ai pu voir dans le roman du même titre : Sida Mental (Periférica) « C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles, tous les virus décomposants l’atteignent. » Ceci paraissait dans l’éditorial d’un journal. Je lis et relis ces phrases…. Elles semblent tellement péjoratives… Les villes du monde sont entourées par des quartiers en marge, moins délabrés en Europe, d’un style « après-guerre » dans le reste du monde. Le dénominateur commun de la vie dans ces zones est l’absence d’argent et d’avenir. Marginalisation. Même si la merde touche tous ceux qui y vivent, ce sont les enfants, les jeunes qui font le plus peur. Une peur physique, à travers la délinquance et la violence dans laquelle ils survivent ou qu’ils exercent ; une peur mentale, car peu importe où l’on regarde, l’impression d’impasse est déroutante. Il existe une brèche par laquelle se faufiler, mais trop petite pour que nombreux puissent s’y aventurer. Cette brèche est celle de la création. Dans les trente dernières années, ces quartiers ont développé un genre musical : le hip hop. Il existe aussi de la littérature. Sida Mental, un roman écrit par Lionel Tran à Lyon, nous est parvenu de France (traduit par Laura Salas). C’est un texte bref, structuré comme les entrées d’un journal, datées par année. Il y en a plusieurs par année et sans aucun ordre chronologique. Ce sont les souvenirs d’un adolescent : les potes, le sexe, la rue, la solitude, la violence – inévitable. Et il y a la mère : progressiste, féministe… mais incapable, semble-t-il, de sortir du trou mental dans lequel elle vit, incapable d’élever, incapable de s’opposer à la violence. Rage, incertitude, tristesse, espoir – aussi –, amour, rires, amitié sont les caractéristiques du style littéraire – j’oserai dire vital – de Lionel Tran, auteur d’autres livres et éditeur alternatif. Que voulez-vous, je continue à aimer l’idée de l’alternatif conjugué à la création culturelle. La maison d’édition de Tran est Terrenoire.
Evaristo Aguirre
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