ARTICLES DE PRESSE
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Traduit par Inti Mendoza Go mag
Je lis Sida mental à toute vitesse car il n’est pas possible de lire autrement un livre qui vous fait sauter la tête. Dans la quatrième de couverture je découvre la critique française qui dit : « Céline réécrivant Les 400 coups de Truffaut. » Je pense intérieurement : « Je vais le lire comme si j’étais dans La Haine de Mathieu Kassovitz ». Les chapitres de Sida mental sont structurés par années, les années dans lesquels se déroule l’action racontée à la première personne par un enfant – plus tard adolescent ; un jeune au moment de la lecture. A mesure que l’individu/robot lecteur parcourt les pages, un trouble croissant saupoudré d’associations heureuses – prise de conscience du dégoût même de l’enfance, du dégoût même de la puberté – prend possession de l’espace comme un magma obscur et néfaste. En plus de contaminer les pages blanches de noirceur, Lionel Tran, auteur français né à Lyon en 1971, écrit spectaculairement bien. L’expression « sida mental » fait référence à l’atrophie de la capacité immunologique du cerveau à combattre les idées pernicieuses. Ce livre approfondit l’idée délicate de violence intime – que nous nous auto-infligeons, que nous infligeons à ceux qui nous entourent –, qui se manifeste dès l’enfance, qui se condense et s’obscurcit à mesure que ces pulsions se transforment chaque fois en des jeux de plus en plus intimes et difficiles à confesser. Ce livre fait penser à ces terribles moments de prise de conscience, où l’on réussit à nommer ce qu’il y a de sale et de déplorable en chacun de nous. Ana. S. Pareja
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